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Jean Genet, dans Quatre heures à Chatila , écrit : « L'amour et la mort. Ces deux termes s'associent très vite quand l'un est écrit. (...) Les corps, dans les deux cas, n'ont plus rien à cacher : postures, contorsions, gestes, signes, silences même appartiennent à un monde et à l'autre. ». Ce constat physique vient conforter le très reconnu Sigmund Freud dans son regard porté sur le Malaise dans la civilisation dans lequel il perçoit « le combat entre éros et la mort ». Et le très amusé Marquis de Sade semble acquiescer en gueulant : « Je voudrais que l'univers cessât d'exister quand je bande ! ». Dans Fando et Lis, les personnages évoluent dans un « no man's land » où seule existe cette dualité « Amour/Mort ». Tout le reste, n'est que verbiage.
Les danses macabres de l'Amour ou les valses amoureuses de la Mort, maintes fois représentées, ne cessent d'être jouées partout dans le monde. Il s'agit des guerres et des amitiés de tout temps...

 

L’histoire

Dans la pièce, la Dernière Guerre a eu lieu et tout le monde est parti. Lis, Fando et Toso en sont les réfugiés. Lis et Fando forment un couple de jeunes amoureux. Toso est seul. Tous les trois sont en marche vers Tar, une ville que chacun imagine à sa façon. Leur point de départ n'existe plus et leur objectif est inaccessible. Ils ne connaissent plus que le trajet. Leur route est la même mais chacun compte la faire comme il le peut. Perdus sur le chemin de leur existence, ils cherchent à tromper l'ennui d'un trop long voyage avec comme seul bagage l'amour ou la solitude.

C'est un conte cruel.

C'est une formidable histoire d'amour.

Lis est une belle jeune fille incapable de se mouvoir seule. Son compagnon, Fando, lui est indispensable. Il est pour elle la chose nécessaire pour pouvoir continuer d'exister sur cette route.
Toso, pour sa part, est perdu à l'intérieur de lui-même. Les précautions et les réflexions primordiales pour la réalisation d'un voyage sans embûche ont pris le dessus sur son objectif. Sa rencontre avec Fando est inespérée. Il voit en lui la possibilité de redonner un sens à son périple.
Fando est un tendre et insouciant et passionné jeune homme. Son périple n'est guidé que par ses envies et caprices. Les autres ne sont pour lui que les réceptacles de ses fantaisies et l'objectif commun n'en est finalement que le prétexte.

Malgré l’évidente tendresse que les trois personnages témoignent les uns envers les autres, ils ne parviennent pas à se parler et leurs dialogues sont des cercles vicieux qui finissent presque systématiquement sur des rapports violents.

 

L'Equipe

Caroline Fay, Lis
Frédéric Fialon, Fando
Jérôme Kocaoglu, Toso
Émilien Urbach, metteur en scène
Siham Mineur, administratrice

 

 

Fiche technique :

Ouverture minimum 6m
Profondeur minimum 4m
Hauteur minimum 2m30

6 PC 500w
6 Pars 56
3 cycliodes ou quartz 300w

1 vidéo-projecteur
1 ordinateur os: windows xp

Sonorisation standard

Durée : 1h15

Note d’intention

A la lecture de Fando et Lis, nous avons défini trois points de force : Lis, Fando, et les trois autres personnages. Nous avons donc immédiatement fait le choix de regrouper Namur, Mitaro et Toso dans un seul corps.
Nous n'avons pas souhaité, par la suite, aborder le texte d'Arrabal par son aspect symbolique ni même psychologique. La première expérience que nous avons mené pour abordé la pièce a été d'utiliser le corps des acteurs comme caisse de résonance aux mots sans se soucier du sens. Au court d'une série de training réunissant trois acteurs nous avons donc inventé des danses n'ayant d'autre point de départ que la circulation de l'air à l'intérieur des corps. Les mots n'étaient alors présents que pour donner une couleur, une matière à ce vent intérieur, tantôt brise tantôt bourrasque.

Une fois le texte désappris nous avons pu aborder l'écriture scénique du spectacle. Nous avons très rapidement compris que le travail mené sur les corps ainsi que le texte d'Arrabal supportaient mal les artifices. Les affirmations scénographiques que nous faisons, projections d'images, costumes, décors mêmes, existent donc « à côté », comme pour axer le regard du spectateur sans étouffer les personnages. Les accessoires sont utilisés comme support ou continuité de la nature créée, plus qu'interprétée, de Lis, Fando et Toso.
Le tout nous mène alors à une vision complexe de la communauté humaine ; point de convergence entre réalisme pessimiste et poésie joyeuse.