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La pièce
Ecoutez l'emmission de radio réalisée lors de sa création en septembre 2005

Cette création est née suite au cinquième séjour de Sîn en Palestine en Août 2005. Lors de ce séjour, nos caméras ont capté plusieurs témoignages de palestinien(ne)s subissant le mur de séparation construit par l'Etat israélien en Cisjordanie. Nous croisons ces témoignages avec Seuils de P. Kermann et des textes de Y. Ritsos et E. Durif.


La pièce est jouée par deux comédien(ne)s ayant participé au séjour.
L'ensemble des documents vidéos sont traités afin de réaliser deux séries de montages. L'une basée sur des images volées à la réalité palestinienne (manifestation de villageois, points de contrôles militaires israéliens, discussions, ...) l'autre sur des détournements burlesques et symboliques de situations vécues autour du mur. Nous avons donc filmé plusieurs improvisations réalisées avec des comédiens de la compagnie El Harah de Beit Jala. Cependant, dans notre version définitive du spectacle nous concervons que la première séries de montages.


Le sous-titrage nécessaire de certaines séquences dévoile le caractère plastique des mots. La pièce est rythmée par plusieurs séquences de textes filmés et projetés. Nous avons souhaité confronter ce travail vidéo au textes de Y. Ritsos, E. Durif et P. Kermann.
Emilie Pirdas et Emilien Urbach, ont déjà travaillé sur la pièce de Kermann : La Mastication des morts présentée par Act'libre.
Dans Fragments de boniments, Durif met le doigt sur notre engouement pour le voyeurisme télévisuel quand il s'agit de misère humaine. Ritsos, avec Le miroir dans le mur, nous renvoie à longueur d'allégories vers des images de nous même. Kermann en écrivant Seuils nous place face aux murs du dedans, au « tout bout de nous ». C'est principalement ce texte qui est interprété par les deux comédiens.


Comme pour les films réalisés, nous souhaitons créé un point de rencontre entre ces oeuvres artistiques et la réalité. Nous avons inclus au canevas de la pièce plusieurs témoignages de personnes rencontrées lors de notre séjour (agriculteur spécialisé dans le concombre, les tomates et les aubergines, militante féministe épuisée, artiste amoureux, ...).

 

Fiche technique :

LUMIERES.
6 pc 500 W
3 pars 64
1 pars 64
4 découpes

SON.
ordinateur os : windows xp
diffusion standard

VIDEO.
vidéo projecteur.

Durée : 55 minutes

 

 

L'Equipe

Canevas écrit et interprété par Emilie Pirdas et Emilien Urbach.
Mise en scène de Ludovic Vollet.
Création lumière de Michel Neyton.
Traduction des textes par Mona Hyjazi.
Costume de La Femme par Aïcha El Idrissi.
Administration de Siham Mineur.

Nous sommes rentrés de Palestine nos caméras remplies de morceaux de réalité. Nous les confrontons au théâtre, aux textes de P. Kermann, Y. Ritsos, E. Durif.
Le voyage est long de l'image mythique que nous nous faisons de l'être aimé à l'image qu'il donne à voir lorsqu'il se dévoile.
Quelle photo prendre alors de notre Amour? Quelle sera la plus belle photo souvenir?
En nous trois éléments : Théâtre, Réalité et Amour.
Imaginons la Palestine comme une femme. Et nous tous, téléspectateurs, journalistes, voyageurs comme un homme amoureux.
Imaginons que cette femme s'offre à nous, brisant le désir et les images mythiques qu'il provoque.
Que cet amour soit enfin consommé et que nous connaissions cette femme « au tout fond » d'elle, là où douleurs et plaisirs se croisent.
Les images mythiques du désir d'avant la relation, non plus rêvée mais vécue, deviennent floues.
La vérité blesse le mythe.
Et nous ne savons plus de qui il s'agit. Avons nous été à la hauteur de ce corps offert? L'aimons nous pour elle même? S'est elle vendue? Etait-elle amoureuse? A t elle joui de nous en elle? Avons nous joui d'elle en elle?
Quelle sera la plus belle photographie de notre Amour?

Emilien Urbach

 
Ici, à Qalqiliah, Azzoun et Tulkarem, les arbres de fâchent avec leur nouveau voisin
Les oliviers, les amandiers changent de propriétaires
Les paysans, eux par contre ont de jolies barrières (couleur soleil s’il vous plait !)
Jérusalem, Hébron, Naplouse et Qalqilia
Bethléem, Beit Anan, Beit Sahour et Ramallah
Se tiendront par la main
Une main de béton
Une main de prison
Les amoureux et les enfants ne verront plus le couché du soleil
Le mur sera leur océan
Le mur sera leur horizon
Les gens se fâchent, les gens s’encrassent
Les gens s’enlacent, se lassent et se détachent
En attendant le ciment bat son plein
Il sera leur décor, sera leur quotidien
L’espoir et la colère maigrissent
Nos angoisses et nos blagues amères grossissent
Le mur, lui aussi prends du poids et pèse sur nos âmes
Et dans son gros ventre à lui, là-bas, les gens se battent mais n’ont pas d’armes
Si….. leurs armes sont douces, leurs armes sont fortes
Et bien sur ces gens là on ne les entend pas………

Emilie Pirdas